Pourquoi des résidents suisses souhaitent acheter à l’étranger ?

La Suisse offre un niveau de vie exceptionnel, mais les prix de l’immobilier y sont parmi les plus élevés d’Europe. Il n’est donc pas surprenant que de nombreux résidents helvétiques se tournent vers des marchés étrangers pour réaliser leur rêve de propriété, que ce soit pour une résidence secondaire, une retraite ou un investissement locatif. Acheter un bien immobilier à l’étranger depuis la Suisse soulève cependant de nombreuses questions juridiques, fiscales et financières qu’il convient d’anticiper.

Portugal, Espagne, Italie, France, Thaïlande ou encore Dubaï — les destinations prisées par les acheteurs suisses sont nombreuses et variées. Chaque pays possède ses propres règles d’acquisition, ses restrictions éventuelles pour les non-résidents et ses spécificités fiscales.

Les étapes clés avant d’acheter

Avant de vous lancer dans l’achat d’un bien à l’étranger, il est impératif de passer par plusieurs étapes préparatoires :

1. Choisir le pays et la région cibles en tenant compte des restrictions légales pour les étrangers.

2. Consulter un avocat local spécialisé en droit immobilier, qui connaît les spécificités du marché.

3. Ouvrir un compte bancaire local si nécessaire pour faciliter les transactions.

4. Vérifier les implications fiscales en Suisse (imposition de la fortune, revenus locatifs, plus-values).

5. Étudier les options de financement disponibles, tant en Suisse qu’à l’étranger.

Le financement : emprunter en Suisse ou à l’étranger ?

Quand on envisage d’acheter un bien immobilier à l’étranger, la question du financement est centrale. Deux grandes options s’offrent à vous : obtenir un crédit hypothécaire dans le pays d’achat, ou utiliser des fonds propres et/ou un prêt privé en Suisse.

Les banques suisses sont en général réticentes à financer des biens situés à l’étranger, car elles ne peuvent pas inscrire d’hypothèque sur un bien hors du territoire helvétique. Cependant, si vous êtes propriétaire en Suisse, vous pouvez mettre en garantie votre bien suisse pour obtenir un financement destiné à l’achat à l’étranger.

Les prêts hypothécaires locaux, dans le pays cible, restent la solution la plus courante. Les conditions varient fortement d’un pays à l’autre : taux d’intérêt, apport minimum, durée du prêt et exigences documentaires diffèrent considérablement.

Fiscalité suisse de la propriété étrangère

En Suisse, une propriété détenue à l’étranger doit être déclarée dans votre fortune imposable, même si les revenus ou les gains en capital sont imposés dans le pays où se trouve le bien. Ce mécanisme, appelé taux de progression, peut augmenter votre taux d’imposition global en Suisse, même si vous n’êtes pas taxé directement sur ces revenus étrangers.

La plupart des cantons suisses appliquent des conventions de double imposition (CDI) qui permettent d’éviter une double taxation. Avant d’acheter un bien immobilier à l’étranger, consultez un fiscaliste connaissant à la fois le droit suisse et celui du pays cible.

Risques et précautions

L’achat immobilier à l’étranger comporte des risques spécifiques : instabilité juridique, fluctuations des taux de change, difficultés à revendre, problèmes d’héritage ou de succession. Il est crucial de ne pas se laisser séduire uniquement par les prix bas ou le soleil, mais d’évaluer froidement chaque aspect.

Faites appel à un notaire indépendant (pas celui recommandé par l’agence immobilière), vérifiez l’état cadastral du bien, et assurez-vous que le vendeur est bien le propriétaire légal sans hypothèques cachées ou litiges en cours.

Conclusion

Acheter un bien immobilier à l’étranger depuis la Suisse est une démarche réalisable et souvent très avantageuse sur le plan financier. Mais elle exige une préparation rigoureuse, des conseils professionnels adaptés et une bonne compréhension des implications fiscales et juridiques. Bien accompagné, cet investissement peut s’avérer l’un des meilleurs choix patrimoines de votre vie.

By letrank